Gabetti et Isola – Une autre modernité

Roberto Gabetti et Aimaro Isola, Tapipardo, Tapileo, lampe Bul-Bo et mobilier modulaire conçus pour Olivetti (1967-1971), tabouret pour dessin technique (1951).
Roberto Gabetti et Aimaro Isola, lampe Bul-bo, Tapipardo, mobilier modulaire conçus pour Olivetti (1967-1971). 
Roberto Gabetti et Aimaro Isola, Tapiorso et mobilier modulaire conçus pour Olivetti (1967-1971).
Roberto Gabetti et Aimaro Isola, chaise et fauteuil conçus pour la Borsa Valori de Turin (1953-1956), dessins techniques de Aimaro Isola, lampe Venini.
Roberto Gabetti et Aimaro Isola, Tapipardo, 1968 – 1971 pour le complexe Olivetti (Italie, Ivrée), édition Amini Carpets 2022, composition : 80 % laine, 20 % coton, tissage à la main, 250 × 200 cm

Pour notre première exposition de l’année 2024, nous sommes heureux de présenter un ensemble rare et inédit de mobilier et de dessins du duo d’architectes et designers turinois Gabetti et Isola. 

Tournant le dos aux préceptes du modernisme et du style international, Roberto Gabetti (1925-2000) et Aimaro Isola (1928-) se démarquent dès le début des années 50 par une vision originale de l’avant-garde ancrée dans la tradition architecturale italienne et le style art nouveau. À la recherche d’un dialogue harmonieux entre l’édifice et son contexte urbain, leur style se caractérise par des lignes épurées, des formes géométriques audacieuses, le recours à l’ornementation et l’utilisation conjointe de matériaux modernes et traditionnels. Si les deux hommes empruntent par la suite certains traits de l’esthétique techno, ils n’en continuent pas moins à donner une importance fondamentale à la valeur paysagère de leurs projets, veillant à ce que chaque construction fasse corps avec son environnement naturel, à l’aide de matériaux comme le bois et la pierre notamment. 

Parmi leurs réalisations marquantes, on distingue particulièrement la Borsa Valori (Turin, 1956), ainsi que les logements et le mobilier du complexe Talponia (Ivrée, 1971), conçus pour le centre résidentiel Olivetti à Ivrée, qui est aujourd’hui classé par l’UNESCO. 

Première exposition d’envergure consacrée à Gabetti et Isola en France depuis leur rétrospective à l’Institut Français d’Architecture en 1996, Gabetti et Isola – Une autre modernité met l’accent sur ces deux édifices emblématiques à travers une sélection exceptionnelle de leur mobilier respectif. Roberto Gabetti et Aimaro Isola ont en effet pensé leurs projets comme des œuvres totales, imaginant mobilier, lampes, tapis dans le prolongement de leurs principes architecturaux. Reconnues pour leur originalité, leurs créations ont intégré les collections du MoMA à New York, du Centre Pompidou à Paris et du Maxxi à Rome. Abraham & Wolff dévoilera en regard une série jamais montrée d’esquisses préparatoires et de dessins techniques d’Aimaro Isola qui témoignent de l’élaboration de ces pièces.

Jocelyn Wolff et Samy Abraham tiennent à remercier très chaleureusement Aimaro Isola et son fils Hilario qui nous ont ouvert en grand les ressources de leurs archives, de leurs réserves et de leur mémoire afin de préparer cette exposition.

Roberto Gabetti et Aimaro Isola, Tapileo, 1968 – 1971 pour le complexe Olivetti (Italie, Ivrée), édition Amini Carpets 2022, composition : 80 % laine, 20 % coton, tissage à la main, 250 × 200 cm
Roberto Gabetti et Aimaro Isola, Tapiorso, 1968 – 1971 pour le complexe Olivetti (Italie, Ivrée), édition Amini Carpets 2022, composition : 80 % laine, 20 % coton, tissage à la main, 250 × 200 cm

Anastasi, Bianchi, Bock, Botella, Boucher Morales, Brunschwig, Cahn, Lamiel, Melsheimer, Nemours, Oberhuber, Perdrix, Prinz Gholam, Tropa, Venini and four angels. 

Vue de l’exposition montrant de gauche à droite un dessin d’Oswald Oberhuber, un chapiteau roman, une lampe Venini, une sérigraphie d’Elodie Seguin
Chapiteau en pierre représentant quatre anges, fin du XIème siècle, Europe, pierre, 31 x 15 cm (avec socle), 19 x 15 cm (sans socle), provenance : Galerie Alexandre Piatti
Elodie Seguin, Obstacles_Motif carré, 2022, sérigraphie sur papier, 73 x 73 x 5 cm encacré, unique

Pour cette nouvelle exposition, Abraham & Wolff propose un accrochage évolutif en forme de rétrospective. Un dialogue sans cesse renouvelé entre les artistes ayant marqué notre première année de programmation.

Incluant sculptures et dessins contemporains, éditions, multiples et design italien, cette sélection d’œuvres de William Anastasi, Diego Bianchi, Bruno Botella, Mélissa Boucher Morales, Colette Brunschwig, Miriam Cahn, Aurelie Nemours, Oswald Oberhuber, Jean-Marie Perdrix, Prinz Gholam, Francisco Tropa et Venini est accompagnée d’un exceptionnel chapiteau roman de la fin du XIème siècle provenant de la Galerie Alexandre Piatti. 

L’occasion de remercier aussi les galeristes qui ont rendu possibles nombre des projets qui ont ponctué l’année : la Galerie Compasso à Milan, la Galerie Marcelle Alix à Paris, la Galerie KOW à Berlin.

Mélissa Boucher Morales – Scrolling [faire défiler]

Photographie argentique noir et blanc sous verre diélectrique par Mélissa Boucher représentant une bouche ouverte
Mélissa Boucher Morales, Scrolling [faire défiler], 2021-2022, photographie argentique, tirages jets d’encre et verre diélectrique
Photographie argentique noir et blanc sous verre diélectrique par Mélissa Boucher représentant des pieds
Mélissa Boucher Morales, Scrolling [faire défiler], 2021-2022, photographie argentique, tirages jets d’encre et verre diélectrique
Photographie argentique noir et blanc sous verre diélectrique par Mélissa Boucher représentant un œil fermé
Mélissa Boucher Morales, Scrolling [faire défiler], 2021-2022, photographie argentique, tirages jets d’encre et verre diélectrique

Mélissa Boucher Morales élabore des projets photographiques, des vidéos et des éditions d’artiste dans lesquels elle explore les possibilités et les limites de l’image, son processus d’apparition et de disparition, à travers des formes et des notions liées à la représentation de l’intime. S’inscrivant dans cette recherche, le projet Scrolling[faire défiler] (2021-2022) est né d’une réflexion de l’artiste sur la production des images et leur altération, mais aussi d’un désir de créer une lecture alternative à la fascination exercée par les contenus pornographiques. Photographiant à l’argentique des vidéos en streaming de cam girls amatrices, du postporn ou de la pornographie féministe, l’artiste a capté des gestes intimes, isolé des fragments de corps, des gestes et des attitudes qui, sans son intervention, seraient restés noyés dans le flux. De ces détails, de ces images cachées dans l’image, l’artiste fait émerger une nouvelle sensualité. Elle les soumet à un traitement de pellicule spécifique qui donne aux modèles une apparence spectrale (à l’opposé des chairs brutalement exposées par la caméra), puis leur superpose une vitre diélectrique – verre dont les qualités réfléchissantes semblent renvoyer le spectateur.rice à son rôle de voyeur.euse – nouvel écran par lequel elle se réapproprie non seulement l’image mais le dispositif de visionnage initial. 

À l’occasion du festival PhotoSaintGermain, qui se tient du 2 au 25 novembre 2023, Abraham & Wolff a le plaisir de mettre à l’honneur le travail